Posté le Dimanche 13 mars 2011
En réponse à la moi-même d’il y a un peu plus d’un an et demi déjà… en réponse à la moi-même qui a écrit sur ce même clavier, avec ces mêmes mains, en août 2009.
Paris, tu t’y es fait. Certes, il y a eu une période assez difficile: pas, comme on pourrait le penser, le premier mois, mais au bout d’un mois et demi à peu près, une période de deux semaines d’épuisement, d’essoufflement quotidien. L’air de Paris qui te faisait suffoquer, t’oppressait, ton besoin de sommeil frôlait les 10h par nuit. Et puis c’est parti.
Le vacarme de la ville fait partie de ton silence; les aléas du métro ne t’affectent plus. La réduction de ton espace vital à néant t’indiffère. Tu peux quasiment aller n’importe où dans la ville sans jamais jeter un oeil à ton plan de métro. Tu as tes repères, tes habitudes, tes marques: tel paki est ouvert le dimanche, le prix de la lessive y vaut tant, le paki en face du foyer vend de la despé à 3€20 et du martini à 12€, oui c’est cher, mais c’est bien pratique. Tes kleenex préférés dans le super U du coin. Tes lieux de promenade préférés -- bien que tu aies peu le temps de te promener. Tes amis, tes coins shopping, tes goûts de parisienne adoptive. Et bientôt cette période, ces deux ans seront eux aussi rangés dans une petite boîte au fin fond de ta mémoire, mélange embrouillé d’images, de sensations, d’odeur et de saveurs. D’état d’esprit. Paris va te manquer. Tu n’auras pas le temps de te retourner. Ce bien-être à l’idée de rentrer chez soi -- oui, car le foyer est devenu ton chez toi -- disparaîtra à mesure que tu feras ton deuil de la vie parisienne. Et avant même que tu ne t’en rendes comptes, t’arrêter à Brochant te mettra mal à l’aise. Je me souviens encore de l’angle de vue que j’avais le jour où j’ai débarqué pour la première fois à cet arrêt. Une vision totalement différente.
Merde, tu as vécu à Paris, c’est quelque chose, ça. Et ça aura été une période heureuse.
Je ne sais pas quoi te dire d’autre… Je crois que j’ai perdu cette facilité à écrire mes ressentis. Une perte douloureuse. Un bout de ma saveur qui s’est envolée. Je souhaite ne jamais perdre cela totalement…
